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ISSN 2283-7949

 

 

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Issue 2015, 1

La théorie des régimes dans un monde globalisé : entre évolutions et résistances. By F. T. Zoungni

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Abstract: In 1982, in the journal “International Organization”, was published a special issue on international regimes. This special edition was reprinted a year later as a collective book under the direction of Stephen D. Krasner titled International Regimes. This book aims to be the echo of the existing theoretical debate within the discipline of International Relations during this period namely the analysis of international regimes in the light of realism and liberalism. Clustered around these two theoretical trends, the authors of this book, with the exception of Susan Strange, tried to support each of their side the merits of their theory to explain the conditions for the creation, maintenance and change of an international regime. As for Strange, she criticizes the analysis of schemes considers a transient, vague fashion, value-laden, too static and state-centred. Given the changes experienced by the theory of schemes over the past 30 years, we hypothesize that some criticisms of Strange always remain relevant while others are less relevant or not at all relevant.

Keywords: regime theory, realism, liberalism, evolution, international relations.

En 1982, dans la revue “International Organization”, a été publié un numéro spécial portant sur les régimes internationaux[1]. Ce numéro spécial fut réédité un an plus tard en ouvrage collectif sous la direction de Stephen D. Krasner sous le titre : International Regimes (Krasner 1983). Cet ouvrage se veut être l’écho du débat théorique existant dans la discipline des Relations Internationales durant cette période à savoir l’analyse des régimes internationaux à l’aune du réalisme et du libéralisme (Krasner 1983 : viii). Comme le soulignent Stephan Haggard et Beth A. Simmons, l’intérêt pour l’étude des régimes est né d’une insatisfaction à l’égard des conceptions dominantes de l’ordre international qui sont l’autorité et l’organisation (Haggard and Simmons 1987 : 491). En effet, pour ces auteurs, certains faits ont remis en cause les explications réaliste et libérale de la création et du maintien des régimes internationaux. Parmi ces événements, il y a d’une part, le contraste entre la compétitivité, les relations interétatiques à somme nulle dans un monde anarchique et le « pouvoir » de la politique interne qui semblait pertinent pour expliquer le comportement de coopération entre les pays industriels avancés. Et d’autre part, les dilemmes politiques créés par la croissance de l’interdépendance depuis la Seconde Guerre Mondiale qui a généré de nouvelles formes de coordination et d’organisation qui s’adaptent mal à l’explication réaliste (Haggard and Simmons 1987 : 491). Krasner lui même reconnait dans la préface de son livre que le monde est de plus en plus interdépendant et que les signes extérieurs de la souveraineté sont restés, mais les États ne peuvent plus contrôler les mouvements économiques internationaux car l’approche réaliste centrée sur l’État pour l’étude des relations internationales a été reconnue comme incomplète au mieux, et au pire comme trompeuse (Krasner 1983 : vii).

Regroupés autour de ces deux tendances théoriques, les auteurs de ce livre, à l’exception de Susan Strange, ont essayé de soutenir chacun de leur côté le bien fondé de leur théorie pour expliquer les conditions de création, de maintien et de changement d’un régime international. Quant à Strange, elle critique l’analyse des régimes qu’elle considère comme une mode passagère, imprécise, chargée de valeur, trop statique et stato-centrée (Strange 1983 : 337).

Toutefois, eu égard aux évolutions qu’a connu la théorie des régimes depuis les 30 dernières années, nous soutenons l’hypothèse que certaines critiques de Strange demeurent toujours pertinentes tandis que d’autres restent moins pertinentes ou plus du tout pertinentes.

Basé sur une revue de littérature des études qui ont été faites sur la théorie des régimes depuis 1983, ce travail sera divisé en deux grandes parties. La première abordera les généralités sur la théorie des régimes à savoir sa définition et les différentes approches théoriques qui ont été utilisées pour l’analyser. La deuxième sera consacrée à l’identification des critiques de Strange à travers son article et la vérification de leur pertinence face à l’épreuve du temps.

Généralités sur la Théorie des Régimes

Qu’Est-ce qu’un Régime ?

Avant de répondre à cette question, il est important de se demander pourquoi les régimes internationaux sont-ils nécessaires. En effet, que ce soit le réalisme[2], le libéralisme[3] ou le constructivisme[4], ces trois théories des relations internationales reconnaissent à divers degrés que « les relations internationales sont en état d’anarchie » (Battistella 2012 : 447) ce qui rendrait difficile voire impossible la coopération entre les principaux acteurs du système international à savoir les États. Toutefois, en dépit de cette anarchie qui caractérise les relations internationales, force est de constater que « des périodes de concert entre puissances succèdent à des périodes de guerre, que les courses aux armements n’empêchent pas des processus de contrôle des armements voire de désarmement, que le libre-échange organisé se dispute au libre-échange prédateur etc. » (Battistella 2012 : 447). Autrement dit, malgré l’absence d’un gouvernement centralisé qui puisse régir les relations internationales, les États arrivent parfois à coopérer dans divers domaines tels que la paix et la sécurité internationales, les échanges commerciaux, les relations monétaires et financières, la course aux armements etc. Il va s’en dire que la coopération internationale est possible sous certaines conditions : l’existence de régimes internationaux.

Subséquemment, la théorie des régimes postule que la nature anarchique du système international incite les États à institutionnaliser leurs rapports avec leurs homologues dans certains domaines d’intérêts communs. Ainsi, l’édification d’un régime leur permet de coopérer par l’entremise d’un cadre régulé et d’atteindre des objectifs autrement inaccessibles dans un environnement anarchique. Les régimes peuvent alors être considérés comme le résultat de calculs utilitaires de la part d’acteurs étatiques rationnels et de conjonctures particulières. Logiquement, on comprend que lorsque des États ont des intérêts convergents, la coopération s’avère plus profitable que la confrontation, car les coûts de l’autarcie s’avèrent trop élevés par rapport aux bénéfices possibles de la coopération (Desrosies and Massie 2010 : 156).

Stephen Krasner définit un régime comme un ensemble de « principes, normes, règles et procédures de prise de décision implicites ou explicites, autour desquels les attentes des acteurs convergent dans un domaine donné des relations internationales » (Krasner 1983 : 1). Loin de faire l’unanimité, cette définition est fortement controversée. Les critiques se forment d’une part autour des concepts de « principes », « normes » et « règles » et d’autre part, autour des notions « implicites » et « explicites ». En réponse à ces critiques, d’autres définitions ont été proposées. Il s’agit de celle de John Ruggie qui définit les régimes internationaux comme « des institutions sociales autour desquelles les attentes des acteurs convergent dans un domaine donné des relations internationales » (Ruggie 1983 : 196). Quant à Oran Young, il considère les régimes comme « des institutions sociales régissant les actions de ceux qui s’intéressent à des activités spécifiables (ou ensemble d’activités accepté) » (Young 1983 : 93). Ainsi, comme toutes les institutions sociales, les régimes internationaux sont des modèles de comportement ou de pratique autour desquels convergent des attentes reconnues.

Malgré ces deux tentatives définitionnelles des régimes internationaux, il faut reconnaitre que celle de Krasner continue de faire figure de favorite dans la discipline[5] ce qui a poussé Andreas Hasenclever, Peter Mayer et Volker Rittberger à parler de « consensus de définition » (Hasenclever et al. 1996 : 179). Puchala et Hopkins dans un souci d’opérationnalisation de ce concept, identifient de leur côté cinq caractéristiques à partir desquelles l’on peut reconnaitre un régime : a) un régime est un comportement, un phénomène, une attitude qui découle de l’adhésion aux principes, normes et règles et qui reflètent parfois des codes juridiques. Mais ils existent principalement comme un arrangement, des attentes ou des convictions des participants sur un comportement légitime, approprié ou moral ; b) un régime international comprend des principes concernant les procédures appropriées pour la prise de décisions ; c) la description d’un régime doit inclure une caractérisation des grands principes qu’il défend ; d) chaque régime dispose d’un ensemble d’élites qui sont les acteurs clés en son sein ; e) et un régime existe dans chaque domaine clé des relations internationales où il y a un comportement visiblement motivé (Puchala and Hopkins 1983 : 62-63).

Une fois ces essais définitionnels esquissés et le concept opérationnalisé, nous allons nous intéresser aux différentes approches théoriques qui analysent les régimes.

Les Différentes Approches Théoriques pour Analyser les Régimes

Depuis que les chercheurs en Relations Internationales ont commencé par s’intéresser à l’analyse des régimes internationaux, c’est-à-dire depuis 1982, quatre approches théoriques ont été utilisées pour expliquer leur création, leur maintien et leur changement. Il s’agit de l’approche structurelle, de l’approche fonctionnelle, de la théorie des jeux et de l’approche cognitive (Haggard and Simmons 1987 : 498).

L’approche structurelle d’inspiration néo-réaliste, aussi connue sous le vocable de théorie de la stabilité hégémonique, est très orientée sur le pouvoir ou la puissance. Elle relie la création et le maintien des régimes internationaux à l’existence d’une puissance dominante et l’affaiblissement des régimes internationaux à une hégémonie décroissante. La théorie de la stabilité hégémonique se subdivise en deux versions qui se distinguent l’une de l’autre. En effet, nous avons d’une part celle de Gilpin, pour qui la puissance hégémonique assure un leadership coercitif en appliquant les règles du régime international à travers des sanctions positives et négatives. Elle force les petits États à payer leurs cotisations pour maintenir le régime (Gilpin 1983). D’autre part, nous avons la vision de l’hégémonie de Kindleberg qui postule que l’hégémonie constitue un « groupe privilégié » pour qui le coût de la fourniture du bien public est inférieur au bénéfice. Mais étant donné que la puissance hégémonique a un intérêt indépendant (non lié) à fournir les biens publics quelque soit la contribution des autres, les bénéficiaires du système international auront une incitation à se comporter comme des free-riders. En dernière analyse, il affirme que, plutôt que ça soit les forts qui exploitent les faibles, ce sont au contraire les faibles qui exploitent les forts dans ce contexte (Kindleberger 1973). Quelques critiques peuvent être formulées à l’encontre de la théorie de la stabilité hégémonique en ce qui concerne son postulat sur la fourniture de biens publics via les régimes internationaux. Il convient de noter avec pertinence en empruntant les mots de Haggard et Simmons que, premièrement, la plupart des régimes ne fournissent pas des biens publics purs (sécurité), qui sont caractérisés non seulement par la coordination dans la fourniture mais aussi par leur caractère de non-exclusivité. En plus, la plupart des régimes ont développé des mécanismes qui renforcent l’observance des règles par l’exclusion. Deuxièmement, une « structure » pertinente est généralement définie comme la répartition du pouvoir au sein d’un système capitaliste international plutôt que dans un système politique du monde dans son ensemble. Mieux, les régimes sont considérés avant tout comme des réponses aux problèmes de l’action collective entre les pays capitalistes avancés et non comme une partie intégrante de la haute politique et une solidarité d’alliance (Haggard and Simmons 1987 : 503).

L’approche de la théorie des jeux a aussi été utilisée pour expliquer comment la coopération peut évoluer dans des conditions anarchiques. Elle est basée sur le calcul coût/bénéfice que font les États considérés comme acteur rationnel (Wagne 1983). Autrement dit, la théorie des jeux peut facilement expliquer les conditions dans lesquelles les régimes pourraient surgir comme un exemple de comportement coopératif, et elle peut également proposer des conditions propices pour le respect de la stabilité internationale. Pour l’analyse des régimes internationaux et de la coopération internationale, le Dilemme du Prisonnier est souvent utilisé. L’intérêt de ce dernier est qu’il « permet de produire le comportement coopératif sous des conditions réalistes » (Axelrod 1984). La principale critique à cette approche est qu’elle considère l’État comme un acteur unifié.

Quant à l’approche fonctionnelle, elle explique les comportements et les institutions en termes d’effets (Stinchcombe 1968 : 80-98). Elle est basée sur la prise en compte des intérêts des Etats. Ainsi, si les régimes internationaux peuvent servir à réduire les coûts de l’information et de transactions entre leurs membres, par exemple, les récompenses à la conformité renforceront le régime. Approche développée par Robert Keohane, ce dernier va identifier sept objectifs que les Etats pourront atteindre dans un cadre institutionnel fournit par les régimes. Il s’agit de limiter les coûts de transactions entre eux ; créer une structure qui favorise les négociations ordonnées ; favoriser l’établissement de liens entre différents enjeux et régimes ; faciliter la circulation de l’information et surtout une information de meilleure qualité ; favoriser les échanges réguliers entre Etats ; mettre l’accent sur le respect des règles et de réputation ; et promouvoir le principe de réciprocité généralisée (Keohane 1984 : 106). Comme critique à cette approche, nous pouvons dire qu’elle est meilleure pour prédire quand des régimes seront nécessaires et non comment ou quand ils seront établis. Qui plus est, les régimes internationaux et la coopération dans un domaine donné peuvent survenir comme une conséquence involontaire de la coopération dans un autre domaine comme l’explique assez bien la théorie du spill-over développée par les fonctionnalistes en matière d’intégration.

Enfin, l’approche cognitive se base sur l’idéologie et la connaissance (Jervis 1976). Pour les tenants de cette approche, la coopération ne peut être totalement expliquée sans référence à l’idéologie, les valeurs des acteurs, les croyances qu’ils détiennent sur les questions de l’interdépendance, et les connaissances à leur disposition sur la façon dont ils peuvent réaliser un objectif spécifique (Ruggie 1983). Comme les précédentes théories, l’approche cognitive souffre aussi de quelques lacunes. On lui reproche, entre autres, qu’elle ne peut pas prédire à quel moment les valeurs ou connaissances consensuelles produiront la coopération.

Les Critiques de Mme Susan Strange et l’Évolution de la Théorie des Régimes

Les Critiques Formulées par Mme Strange

Dans son article intitulé Cave! Hic Dragones: A Critique Of Regimes Analysis publié dans la revue “International Organization” en 1982, Strange formule cinq critiques sur l’analyse de la théorie des régimes.

Premièrement, elle trouve que cet intérêt soudain pour l’étude des régimes internationaux est une mode passagère (passing fad) et qu’une des raisons pour ce changement de mode n’est que la réaction temporaire à des événements survenus dans le monde ce qui constitue en rien, à long terme, une manière de contribuer à la connaissance (Strange 1983 : 479). Elle s’explique en disant que pour une européenne, elle ne peut pas s’empêcher de dire que la question de la formation et de la rupture des régimes internationaux est une mode des universités américaines. Pour preuve, ce numéro spécial ne regroupe que des participants qui travaillent dans des universités américaines qui ont une inquiétude commune sur les questions posées par les régimes internationaux. Elle pense qu’au même moment en Europe ou dans n’importe autre coin du monde, d’autres groupes auraient d’autres préoccupations soit sur la morale philosophique ou sur les questions de l’interprétation historique. Elle suppose que les universitaires américains sont plus sujets aux modes et aux lubies dans leurs recherches académiques que les européens qui sont plus enclins à se conformer et se joindre aux « trendsetters » avec le temps (Strange 1983 : 339). Elle compare, par exemple, la mode liée à l’étude des régimes internationaux à celle de l’analyse des systèmes, du behavioralisme, de l’intégration et des méthodes quantitatives. Pour sa part, elle justifie l’émergence de cette nouvelle mode à deux perceptions subjectives chez les Américains. D’une part, il y a la perception des chocs externes et des troubles internes (l’affaire du watergate) de cette période qui avaient accéléré une baisse importante de la puissance américaine. Alors, pour répondre aux nationalistes, de nombreux universitaires internationalistes libéraux et « Reaganites » se sont demandés si le dommage subi par

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DOI: 10.12893/gjcpi.2015.1.7

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